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L'Autriche veut proscrire les demandes d'asile sur le territoire européen

L'Autriche veut proscrire les demandes d'asile sur le territoire européen



Le ministre de l’Intérieur autrichien a affirmé mardi que son pays, qui occupe la présidence tournante de l’UE, souhaitait réformer le droit d’asile au sein de l’Union pour rendre impossible toute demande sur le sol européen.

Vers la fin du droit d’asile en Europe ? L’Autriche, qui assume pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne, plaide en tout cas pour un changement des règles de la politique migratoire européenne afin qu’il ne soit plus possible, dans l’avenir, de déposer une demande d’asile sur le sol européen, a déclaré, mardi 10 juillet, le ministre de l’Intérieur Herbert Kickl.

Selon le ministre FPÖ (extrême droite), toute autre solution “inciterait les passeurs à dire : ‘Je prends votre argent pour vous emmener dans l’Union européenne, parce que vous avez la garantie de pouvoir y faire une demande d’asile avec la probabilité très, très faible d’être renvoyé'”, a expliqué Herbert Kickl lors d’une conférence de presse.

>> À lire : L’immigration au cœur de la présidence tournante de l’Autriche

La question migratoire et l’avenir du droit d’asile en Europe, source de tensions entre les 28, seront au menu d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE jeudi 12 juillet à Innsbruck, dans le sud de l’Autriche. Les ministres de l’Intérieur allemand, autrichien et italien y auront également des entretiens bilatéraux et trilatéraux.

Dans le modèle défendu par l’Autriche, les demandes d’asile seraient enregistrées dans les camps de réfugiés hors d’Europe “par une sorte de commission mobile”, selon Herbert Kickl. Seuls les exilés originaires de pays voisins directs de l’UE pourraient déposer leur demande d’asile sur le territoire de l’Union.

Conforme à la Convention de Genève, selon Vienne

Le ministre a assuré ne pas y voir de contravention avec la Convention de Genève, qui définit le statut de réfugié : “Je ne vois nulle part dans ce texte que l’Europe doit être responsable des demandes d’asile de personnes venant de régions éloignées de milliers de kilomètres”.

À court terme, le ministre autrichien souhaite proposer à ses collègues lors de la réunion d’Innsbruck la mise en place, dans des États volontaires à l’extérieur de l’UE, de “centres de retour” pour les déboutés du droit d’asile qui ne pourront pas être immédiatement reconduits dans leur pays d’origine.

>> À voir : Sommet européen : les 28 face au défi migratoire

La proposition de changement des règles de l’asile a été développée dans un document de travail de la présidence autrichienne de l’UE daté de début juillet, à l’origine confidentiel, et publié ces derniers jours dans la presse.

Ce document estime que parmi les demandeurs d’asile, “beaucoup sont tout particulièrement sensibles aux idéologies hostiles à la liberté ou qui prônent la violence”. Il propose de ne garantir l’asile qu’à “ceux qui respectent les valeurs de l’UE et ses droits et libertés fondamentales”.

Avec AFP

Première publication : 11/07/2018


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